Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

17/04/2012

NÎMES LES PLATANES DE L'AVENUE FEUCHERES

 

Compte-rendu au sujet des abattages de l’avenue Feuchères.

blog.jpg

 

L’association A.R.B.R.E.S. a été prévenue que les arbres de l’avenue Feuchères seraient abattus le vendredi 13 avril à 5h du matin avec présence policière. Une quinzaine de citoyens se retrouvent à partir de 4h30 du matin sur place face à un dispositif policier impressionnant : l’avenue et les rues adjacentes sont bloquées par des doubles barrières de sécurité. A chaque rue est posté au moins un gendarme. Six cars de gendarmes mobiles sont dénombrés, certains venant d’Orange. Sans compter la police municipale, policiers et véhicules en alerte depuis 3h00 du matin, ainsi que le chef de la police sur le pied de guerre. Les riverains et travailleurs de ce périmètre bouclé doivent montrer patte blanche avant de passer les différentes barrières et sont ensuite escortés par un policier dans la zone hautement sensible. Tout cela dans la pénombre où s’apprêtent les ouvriers.Avant que les abattages ne commencent, des citoyens tentent de négocier qu’une personne dûment encadrée puisse pénétrer dans la zone interdite pour prendre des photos et ainsi obtenir ce droit de regard de dernière minute sur l’état réel des arbres (droit refusé depuis le début puisque la demande de contrexpertise sur l’état phytosanitaire des arbres avait été rejetée par le Maire). Le chef de la police n’accède pas à cette ultime requête. A partir de 6h00 du matin, l’entreprise Pétrarca entre en action. Un bras mécanique saisit le sommet du tronc, pendant que la base est tronçonnée. En trois heures, les machines exécutent ainsi à la chaîne 18 arbres. Certains riverains, bloqués chez eux, assistent impuissants à l’abattage après des mois de protestations, de permanences du collectif Feuchères, de requêtes et d’interventions citoyennes au conseil municipal, après une pétition de 1400 signatures déposée en préfecture, des envois de lettres personnelles en mairie, une injonction du médiateur de la République à monsieur le Maire de fournir des documents que tout citoyen est en droit de consulter. Il faut attendre la fin de l’abattage et le départ des gendarmes pour accéder à l’avenue Feuchères. Près des arbres coupés, nous constatons que la plupart d'entre eux ne présentent aucune trace de maladie sur les sections réalisées. Les ouvriers avec lesquels nous nous entretenons nous confirment que beaucoup d’arbres coupés étaient parfaitement sains. La maladie a sans doute été un prétexte. Cela expliquerait le refus du Maire d’accéder à une demande de contrexpertise. Si elle avait été autorisée, cette contrexpertise indépendante et financée par des collectifs Nîmois aurait permis un contrôle citoyen et aurait obligé le Maire à dire la vérité sur le motif réel de ces abattages. Notre méfiance est légitime. Rappelons-nous des épisodes qui se sont déroulés l’année dernière autour des arbres de l’Ecusson : la mairie n’avait-elle  pas déclaré qu’ils étaient malades pour justifier leur abattage ? Certes, certains arbres de Feuchères étaient atteints par un champignon appelé ganoderme (avec lequel l’arbre peut continuer à vivre) mais, contrairement à ce qui a été dit par Monsieur Burgoa à Radio Bleue ainsi que ce qui a été écrit dans Midi Libre, aucun n’était atteint par le chancre coloré. Cette maladie mortelle du platane n’est heureusement pas encore arrivée à Nîmes. Pour combien de temps encore ? Car nous rappelons que les mesures de prophylaxie et de protection des arbres prévues par la loi ne sont toujours pas respectées sur les chantiers. Aucune désinfection du matériel n’est réalisée sur les chantiers alors qu’il existe un arrêté préfectoral obligeant à ces mesures.

 

Le fait de refuser au citoyen tout droit de regard critique, ainsi que le déploiement policier de ce vendredi 13, démontrent à nouveau le passage en force d’une municipalité qui a oublié ce que signifie la concertation démocratique. Nous sommes lassés par les mensonges répétés des élus et par leur manque de considération pour le patrimoine arboré. Les Nîmois ne sont pas associés aux projets urbanistiques qui modifient leur cadre de vie. Nous pensons que les chantiers permanents sur la ville ne vont pas dans le sens du bien commun.   

 

 

 

Association A.R.B.R.E.S. gardiens de l’ombre et Collectifs.

 

Les commentaires sont fermés.